La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Alliance des États du Sahel (AES) sont condamnées à coexister et à coopérer.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Alliance des États du Sahel (AES) sont condamnées à coexister et à coopérer.
C’est ce qu’a affirmé le président de la Commission de la Cédéao, Birame Diop, dans des déclarations accordées à l’agence russe African Initiative, liée au Kremlin, en marge du sommet Russie-Afrique de Moscou.
« Nos trois frères de l’AES ont décidé de manière souveraine de créer leur propre espace, et nous le respectons. Mais nous sommes voisins, nous sommes frères : nous n’avons pas d’autre option que de travailler ensemble », a-t-il déclaré.
Le choix de s’exprimer auprès d’un média officiel russe, en marge d’un sommet organisé par Vladimir Poutine, n’est pas anodin : la Russie est devenue le principal partenaire sécuritaire des juntes sahéliennes.
Selon Birame Diop, les récentes consultations de Dakar ont constitué une première étape. Les deux organisations ont convenu du principe d’une collaboration et de la création de groupes de travail conjoints, sans avoir encore défini les mécanismes concrets. « Ce processus prendra le temps nécessaire, jusqu’à ce que nous trouvions les modalités d’une coopération concrète, y compris dans le domaine sécuritaire », a-t-il précisé.
En septembre, les pays de l’AES avaient déjà annoncé leur intention de négocier un nouvel accord-cadre avec la Cédéao, notamment dans le domaine commercial.
Une rupture historique
Dirigés par des militaires arrivés au pouvoir par des coups d’État, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont fondé l’AES en 2023, avant de quitter officiellement la Cédéao en janvier 2025. Une rupture sans précédent pour l’organisation régionale, créée en 1975 par le traité de Lagos.
Le Togo, qui figure parmi les pays fondateurs de la Cédéao, occupe une place particulière dans ce dossier.
Lomé a maintenu des relations étroites avec les régimes sahéliens et s’est imposé comme un interlocuteur privilégié entre les deux camps. Son port reste par ailleurs une porte d’entrée essentielle pour l’approvisionnement du Burkina Faso, du Niger et du Mali.
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