Culture

Un joyau endormi en quête de renaissance

Le site spécialisé Arch Daily met en lumière les réflexions architecturales autour des bâtiments emblématiques de la capitale togolaise, et notamment l'Hôtel de la Paix, fermé depuis 2006, dont la réhabilitation est à l'étude.

L'établissement une fois rénové. Un jour peut être © republicoftogo.com

Il trône sur le front de mer de Lomé, visible de loin, silencieux depuis deux décennies. L'Hôtel de la Paix est l'un des bâtiments les plus emblématiques de la capitale togolaise, et l'un des plus mélancoliques. Fermé en 2006 après des années de déclin, cet édifice architectural exceptionnel attend sa seconde vie.

Conçu par l'architecte français Daniel Chenut, en collaboration avec le Togolais Raphaël Ekoué Hangbonon, l'Hôtel de la Paix a été inauguré en 1975 dans le cadre d'un ambitieux programme gouvernemental de développement touristique.

Il faisait partie d'un ensemble de quatre hôtels construits avec des fonds publics : l'Hôtel Le Bénin (1960, inauguré pour l'indépendance), l'Hôtel Sarakawa et l'Hôtel de Février 2 (tous deux construits en 1980). Ces trois derniers fonctionnent toujours. Pas l'Hôtel de la Paix.

La grave crise économique des années 1990 a progressivement asphyxié l'établissement, jusqu'à sa fermeture définitive en 2006. Depuis, le bâtiment se dresse, intact dans sa structure mais vide de vie, comme un témoin muet d'une époque où Lomé rêvait de devenir une destination touristique de premier plan en Afrique de l'Ouest.

Un patrimoine moderne menacé

C'est précisément ce paradoxe que le site d'architecture Arch Daily met en lumière dans un article consacré aux réflexions architecturales autour du patrimoine bâti de Lomé. Si les édifices coloniaux comme le Palais de Lomé - récemment rénové et transformé en centre culturel - bénéficient d'une attention et de financements relativement aisés à mobiliser, les bâtiments modernes de la seconde moitié du XXe siècle sont souvent laissés à l'abandon, victimes d'un entre-deux patrimonial : trop récents pour être classés, trop vieux pour intéresser les investisseurs.

L'Hôtel de la Paix incarne parfaitement cette problématique. Son architecture moderniste, caractéristique du style international des années 1970, avec ses lignes horizontales, ses larges façades et sa relation au paysage côtier,  mérite d'être préservée. Mais sa réhabilitation exige une approche créative et participative, loin des schémas classiques de restauration.

C'est dans ce contexte qu'est né, fin 2024, le projet des Rencontres architecturales de Lomé (RAL), organisées dans les jardins du Palais de Lomé.

Réunissant des étudiants en architecture de l'Université de Lomé autour de conférences, projections, ateliers et visites de bâtiments emblématiques, cette première édition a posé une question fondamentale : comment préserver et valoriser le patrimoine architectural togolais — colonial comme moderne — dans un contexte de ressources limitées et de mutations urbaines rapides ?

Une exposition parallèle a retracé l'histoire architecturale du Togo à travers ses réalisations les plus significatives - dont l'Hôtel de la Paix, présenté comme un cas d'école de la problématique du patrimoine moderne négligé.

Des projets de réhabilitation de l'Hôtel de la Paix sont actuellement à l'étude, avec une contrainte essentielle : préserver l'architecture originale du bâtiment tout en lui redonnant une vocation économique ou culturevlle. 

Une gageure dans un pays où les ressources publiques sont limitées et où l'investissement privé dans le patrimoine reste rare.

Mais l'espoir existe. La renaissance du Palais de Lomé a démontré qu'une volonté politique et une vision architecturale cohérente pouvaient redonner vie à des édifices historiques en apparence condamnés.

Pour l'Hôtel de la Paix, l'heure du réveil n'a peut-être pas encore sonné. Mais elle approche.

Pour que ce site Web fonctionne correctement et pour améliorer votre expérience d'utilisateur, nous utilisons des cookies. Retrouvez plus d'informations dans notre Gestion des cookies.

  • Les cookies nécessaires activent les fonctionnalités de base. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies et ne peut être désactivé qu'en modifiant les préférences de votre navigateur.