« Une carte plus juste ne redessine pas les frontières du monde, elle transforme le regard que nous portons sur lui. » C'est par cette formule que le Togo a marqué, une nouvelle fois, l'Assemblée générale des Nations unies vendredi, un an après avoir interpellé pour la première fois la communauté internationale sur la distorsion cartographique du monde.
« Une carte plus juste ne redessine pas les frontières du monde, elle transforme le regard que nous portons sur lui. » C'est par cette formule que le Togo a marqué, une nouvelle fois, l'Assemblée générale des Nations unies vendredi, un an après avoir interpellé pour la première fois la communauté internationale sur la distorsion cartographique du monde.
Au nom du président du Conseil, Faure Gnassingbé, Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, rendu hommage au secrétaire général sortant António Guterres, avant d'aborder lors du débat général le cœur de son intervention : l'urgence de restaurer la confiance dans un multilatéralisme mis à rude épreuve par la multiplication des violations du droit international.
« Le droit international n'est pas un obstacle à la puissance ; il en garantit la légitimité, la prévisibilité et la stabilité », a martelé M. Dussey, plaidant pour un multilatéralisme pragmatique, capable de transformer les engagements en résultats concrets.
Mais le moment fort du discours reste sans conteste le retour sur l'adoption, le 4 septembre dernier, de la résolution « Correct the Map », portée par le Togo et approuvée par 164 voix. « Corriger la carte, ce n'est pas seulement rectifier une distorsion géographique ; c'est corriger les perceptions qu'elle entretient », a affirmé le ministre, avant de lancer une phrase qui a marqué les esprits : « Chaque fois qu'une erreur du passé est corrigée, c'est l'humanité qui gagne en lucidité, en justice, en équilibre et en progrès. »
Refusant de s'arrêter à ce succès diplomatique, le Togo a annoncé vouloir passer « de la résolution à l'action », en proposant l'ouverture d'une nouvelle phase de coopération internationale associant États membres, UNESCO, cartographes, historiens, éducateurs, jeunes et acteurs de l'intelligence artificielle.
L'objectif : faire de la cartographie « un instrument encore plus puissant de connaissance, d'éducation, d'inclusion et de compréhension entre les peuples », à l'heure où milliards de personnes et systèmes d'intelligence artificielle façonnent leur vision du monde à partir de cartes numériques.
Un appel lancé au monde entier
Dans une envolée finale, le ministre a multiplié les appels : aux États membres, aux organisations internationales, à la communauté scientifique, aux éducateurs, aux innovateurs, à la jeunesse. « Correct the Map n'est pas la fin d'une carte. C'est le début d'une nouvelle manière de regarder le monde », résumant une ambition qui dépasse désormais largement le seul enjeu cartographique.
Au-delà de ce dossier phare, le Togo a également réaffirmé son engagement en faveur du dialogue et de la médiation, en Afrique de l'Ouest, au Sahel et dans la région des Grands Lacs, rappelant sa conviction que « la médiation n'est pas une faiblesse ; elle est une expression de responsabilité » — et que l'Afrique « ne demande pas que l'on agisse à sa place », mais que ses propres efforts soient « reconnus, accompagnés et soutenus ».
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