Diplomatie

Faure Gnassingbé à Bichkek

Faure Gnassingbé est le premier dirigeant togolais à effectuer une visite au Kirghizistan, un pays d'Asie centrale.

Le président du Conseil en compagnie de Sadyr Japarov © DR

Faure Gnassingbé est le premier dirigeant togolais à effectuer une visite au Kirghizistan, un pays d'Asie centrale.

L'accueil réservé par le président Sadyr Japarov a été à la hauteur de l'événement : chaleureux, solennel et coloré, mêlant les traditions d'hospitalité kirghizes à la solennité protocolaire d'une réception d'État. Des deux côtés, la volonté de marquer le coup était palpable.

À première vue, le Togo et le Kirghizistan n'ont pas grand-chose en commun. L'un est un petit État côtier d'Afrique de l'Ouest de 8 millions d'habitants, tourné vers l'Atlantique et le golfe de Guinée. L'autre est une république montagneuse enclavée d'Asie centrale, coincée entre la Chine, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan, avec une population de 7 millions d'habitants.

Et pourtant. Les deux pays partagent des défis similaires : valoriser leurs ressources naturelles, former et employer leur jeunesse, attirer des investissements étrangers et renforcer leur souveraineté économique dans un monde de plus en plus incertain. Ce sont précisément ces convergences qui rendent ce rapprochement non seulement possible, mais potentiellement fructueux.

Une diplomatie sans frontières

La visite de Faure Gnassingbé à Bichkek s'inscrit dans la continuité d'une politique étrangère togolaise résolument ouverte sur le monde.

Ce déplacement n'est pas le fruit du hasard. Il a été soigneusement préparé, notamment par la rencontre, la veille, entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Robert Dussey côté togolais, Zheenbek Kulubaev côté kirghiz, qui ont déjà posé les jalons d'une coopération bilatérale structurée.

Les discussions entre Faure Gnassingbé et Sadyr Japarov devraient porter sur plusieurs domaines d'intérêt mutuel. L'agriculture, l'énergie, les mines et la formation constituent des secteurs dans lesquels les deux pays peuvent s'apporter mutuellement. Le Kirghizistan, doté de ressources minières considérables, dont la célèbre mine d'or de Kumtor, et d'un potentiel hydroélectrique exceptionnel, peut offrir des expertises et des technologies que le Togo cherche à acquérir dans le cadre de sa politique de souveraineté économique.

La coordination au sein des organisations internationales, Nations Unies, Union africaine, Organisation de coopération de Shanghai, est également au menu, dans un contexte géopolitique mondial qui invite les pays du Sud à renforcer leurs alliances et à multiplier les coalitions.

Au-delà des accords qui pourraient être signés, cette visite envoie un message fort : le Togo ne se limite pas à son voisinage immédiat. Lomé regarde le monde entier comme son terrain de jeu diplomatique, tissant patiemment des liens là où personne ne l'attend.

C'est précisément cette capacité à surprendre, à parler à tout le monde, à aller chercher des partenaires aux quatre coins du globe, qui fait de la diplomatie togolaise l'une des plus actives et des plus créatives du continent africain.

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