L'Union africaine a adopté une décision visant à corriger la mauvaise représentation du continent dans la cartographie mondiale, les systèmes géospatiaux, les médias et les programmes éducatifs.
L'Union africaine a adopté une décision visant à corriger la mauvaise représentation du continent dans la cartographie mondiale, les systèmes géospatiaux, les médias et les programmes éducatifs.
Une initiative née au Togo, portée sous le nom de « Correct the Map », qui promeut l'adoption de la projection Equal Earth, jugée plus fidèle à la véritable taille de l'Afrique que la projection de Mercator, encore largement utilisée à travers le monde.
Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, revient sur les contours de ce projet, à quelques semaines de son évocation attendue devant l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre à New York.
Quelles mesures concrètes l'UA prévoit-elle pour encourager les États membres à réviser leurs programmes scolaires ?
Robert Dussey : L'Union africaine a salué l'initiative togolaise, marquant un tournant face à des distorsions anciennes qui ont longtemps réduit la véritable échelle et l'influence du continent dans l'imaginaire mondial. La Commission de l'UA engagera un dialogue consultatif avec les États membres, à travers une feuille de route continentale définissant lignes directrices techniques et mesures de renforcement des capacités, pour aligner progressivement les systèmes éducatifs sur la projection Equal Earth.
Le Togo, à l'origine de cette initiative, a-t-il déjà engagé des discussions avec les autres États membres ?
Robert Dussey : Oui. Sur instructions du président du Conseil, Faure Gnassingbé, le ministère des Affaires étrangères a soumis le projet à l'ensemble des organes décisionnels de l'UA : le Comité des représentants permanents, le Conseil exécutif réunissant les ministres des Affaires étrangères, puis l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement. L'initiative a été soutenue par tous les États membres, portée par le leadership de la diplomatie togolaise.
Cet effort dépassera-t-il le seul cadre scolaire ?
Robert Dussey : Absolument. Si les systèmes éducatifs constituent un point d'entrée essentiel, l'initiative est pensée comme une démarche transversale, appelée à s'étendre aux agences de cartographie et de géospatial, aux institutions médiatiques, aux organismes culturels et patrimoniaux, aux structures académiques et de recherche, ainsi qu'aux plateformes numériques et d'édition.
Ce travail est-il mené exclusivement avec les États membres de l'UA, ou implique-t-il aussi des pays hors du continent ?
Robert Dussey : L’initiative ne se limitera pas aux seuls États africains. L'Union africaine poursuivra un engagement international, incluant la diaspora africaine et des partenaires extérieurs, à travers un dialogue avec des pays tiers, mais aussi des organisations comme les Nations unies et l'UNESCO, en vue d'un alignement progressif sur des représentations plus exactes et équitables de l'Afrique.
Des démarches sont-elles envisagées auprès des Nations unies ?
Robert Dussey : Conformément au paragraphe 9 de la Décision 959 de l'Assemblée, la Commission de l'UA, les États membres et les nations hébergeant des communautés de la diaspora africaine sont invités à soumettre une demande formelle à l'ONU et à ses agences compétentes, dont l'UNESCO, afin de corriger les représentations cartographiques disproportionnées du continent, en particulier la projection de Mercator, présentée comme un acte de justice cognitive et de réparation.
Le Togo, en collaboration avec la Commission de l'Union africaine, propose de soumettre un projet de résolution sur cette initiative en vue de son adoption par les Nations unies.
C'est précisément dans cette perspective que le sujet sera porté à l'attention de la communauté internationale lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU où le Togo entend continuer de faire entendre la voix de l'Afrique sur cette question.
Pour que ce site Web fonctionne correctement et pour améliorer votre expérience d'utilisateur, nous utilisons des cookies. Retrouvez plus d'informations dans notre Gestion des cookies.
Les cookies nécessaires activent les fonctionnalités de base. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies et ne peut être désactivé qu'en modifiant les préférences de votre navigateur.