Eco & Finance

À l’heure du numérique, à quoi sert encore la Poste ?

Une mission d’évaluation de l’Union postale universelle (UPU) séjourne à Lomé jusqu’au 30 octobre. Elle doit formuler des recommandations pour accélérer la transformation de la Société des postes du Togo (SPT) en plateforme de commerce en ligne. Un virage devenu indispensable pour un secteur bouleversé par le numérique.

Gley Elhadj (G) et El Moussaoui M.hamed © SPT

Une mission d’évaluation de l’Union postale universelle (UPU) séjourne à Lomé jusqu’au 30 octobre. Elle doit formuler des recommandations pour accélérer la transformation de la Société des postes du Togo (SPT) en plateforme de commerce en ligne. Un virage devenu indispensable pour un secteur bouleversé par le numérique.

Les deux experts de l’UPU, Gley Elhadj et El Moussaoui M’hamed, vont analyser le cadre actuel, identifier les obstacles réglementaires et recueillir l’avis des différents acteurs. L’objectif est de faire de la logistique postale et des services financiers numériques de nouveaux moteurs d’activité.

Pendant plus d’un siècle, la poste a eu un rôle simple : acheminer lettres et colis. Ce modèle s’est effondré. Les courriels, les messageries comme WhatsApp et la dématérialisation des démarches administratives ont largement remplacé la lettre. Factures, relevés bancaires, convocations ou cartes de vœux circulent désormais par voie électronique.

Le phénomène est mondial. Partout, les volumes de courrier ont chuté, privant les opérateurs postaux de leur principale source de revenus.

L’e-commerce, une opportunité déjà convoitée

Dans le même temps, le commerce en ligne a explosé, avec lui le besoin de livrer des colis jusqu’au domicile des clients. Une aubaine pour les postes, en théorie. Mais le terrain est déjà largement occupé par des acteurs privés : sociétés de messagerie express, plateformes de vente en ligne disposant de leurs propres réseaux de livraison, et une multitude de livreurs à moto qui assurent le dernier kilomètre dans les grandes villes.

Plus rapides et plus souples, ces opérateurs ont souvent pris une longueur d’avance sur les postes nationales, freinées par des structures plus lourdes.

Pour survivre, les postes doivent se réinventer. Plusieurs pays ont montré la voie. En France, La Poste s’appuie sur la livraison de colis, la banque et les services de proximité. Au Maroc, Barid Al-Maghrib a développé une banque postale qui joue un rôle clé dans l’inclusion financière.

La SPT dispose elle aussi d’atouts : un réseau de bureaux couvrant l’ensemble du territoire, y compris dans des zones rurales délaissées par les opérateurs privés, et la confiance attachée à un service public. Avec l’appui de l’UPU, elle propose déjà le suivi des envois en temps réel et travaille sur l’adressage numérique et l’accès aux services financiers en zones rurales.

Le défi est désormais de transformer ce réseau en une infrastructure au service du commerce en ligne : livraison, paiement, retrait de colis ou transferts d’argent. Faute de quoi, la poste risque de devenir une institution du passé.

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