Le secteur de la microfinance togolais affiche une croissance impressionnante : près de 4,7 millions de clients, un encours de crédit de 352 milliards de Fcfa, en hausse de 18,5% entre 2022 et 2025, et un taux d'inclusion financière atteignant 90,7%.
Le secteur de la microfinance togolais affiche une croissance impressionnante : près de 4,7 millions de clients, un encours de crédit de 352 milliards de Fcfa, en hausse de 18,5% entre 2022 et 2025, et un taux d'inclusion financière atteignant 90,7%.
Des chiffres qui témoignent d'une vitalité indéniable.
Mais derrière cette façade dynamique, des signaux d'alarme clignotent. Le taux brut de dégradation du portefeuille des institutions de microfinance a bondi de 4,2% en 2022 à 7,8% en 2024, très au-delà de la norme maximale de 3% fixée par la BCEAO.
Si une légère amélioration a été enregistrée en 2025 (6,7%), le niveau demeure préoccupant et constitue une menace réelle pour la solidité financière des institutions et la protection des déposants.
C'est dans ce contexte que la BCEAO, en collaboration avec la Direction de la Microfinance (DMF) et l'Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Togo (APSFD-Togo), a réuni vendredi à Lomé 150 participants, dirigeants d'institutions, autorités de supervision, représentants des consommateurs et partenaires techniques, pour une rencontre consacrée au recouvrement des créances.
L'objectif : identifier les causes profondes de la dégradation du portefeuille, partager les bonnes pratiques et proposer des mécanismes innovants pour redresser la situation. Parmi les mesures envisagées figure la création d'un comité de suivi au sein de l'APSFD-Togo, chargé de rendre compte périodiquement aux autorités de l'évolution du secteur.
Un enjeu de souveraineté financière
Le ministre des Finances et du Budget, Essowé Georges Barcola, a posé le cadre avec clarté : « La dégradation inquiétante de la qualité du portefeuille de crédit met à mal la protection des épargnes de nos concitoyens et menace la viabilité même du secteur. »
Car l'enjeu dépasse la simple gestion du risque. La microfinance est un pilier de l'inclusion financière des populations les plus vulnérables. Laisser se dégrader la qualité des portefeuilles, c'est fragiliser un écosystème financier que des millions de Togolais utilisent comme seul filet de sécurité économique.
Le Togo a bâti un secteur microfinancier performant. Il lui appartient désormais de le consolider pour qu'il reste durable.
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