Eco & Finance

Taux d'usure en baisse, mais il reste très élevé

Appelons un chat un chat. Un taux d'intérêt de 24% reste un taux prohibitif. La microfinance en Afrique de l'Ouest pratique des taux qui feraient bondir n'importe quel emprunteur européen, habitué à des crédits à 3, 4 ou 5%.

Un gros obstacle pour le business informel © republicoftogo.com

Appelons un chat un chat. Un taux d'intérêt de 24% reste un taux prohibitif. La microfinance en Afrique de l'Ouest pratique des taux qui feraient bondir n'importe quel emprunteur européen, habitué à des crédits à 3, 4 ou 5%.

La décision de la BCEAO d'abaisser le plafond des taux d'usure de 27% à 24% à partir du 1er juin 2026, applicable à l'ensemble des pays de l'UEMOA dont le Togo, est certes bienvenue. C'est un pas dans la bonne direction. Mais ne nous leurrons pas : il reste un très long chemin à parcourir avant que le crédit soit réellement accessible aux acteurs de l'économie informelle, artisans, petits commerçants, agriculteurs, qui en ont le plus besoin.

Car la réalité du crédit en microfinance se heurte à deux obstacles majeurs qui se cumulent.

Le premier, c'est le coût. Emprunter à 24% par an, c'est rembourser un quart de plus que ce qu'on a emprunté sur douze mois. Pour un petit commerçant dont les marges sont serrées, c'est une charge considérable, parfois insoutenable.

Le second, c'est l'accès. Car même à ces taux élevés, le crédit n'est pas accordé facilement. Les institutions de microfinance se protègent contre les mauvais payeurs avec des critères stricts : garanties, cautions solidaires, historique de remboursement. Résultat : ceux qui ont le plus besoin d'argent sont souvent ceux qui ont le plus de mal à en obtenir.

Ces taux élevés ne sont pas le fruit d'une cupidité particulière des institutions de microfinance. Ils reflètent une réalité structurelle : le coût de gestion de nombreux petits crédits, le risque de défaut élevé dans des économies informelles peu documentées, et le coût de refinancement des institutions elles-mêmes.

Mais cette réalité structurelle ne doit pas servir d'excuse à l'immobilisme. La baisse décidée par la BCEAO est un signal positif. Elle doit être le début d'un mouvement, pas sa conclusion.

Car tant que le crédit restera aussi cher et aussi difficile à obtenir, l'inclusion financière restera un objectif sur le papier plutôt qu'une réalité dans les poches des Togolais les plus vulnérables.

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