La troisième édition de l'Académie francophone de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) se tient actuellement à Lomé, consacrée à la lutte contre la fraude fiscale et douanière, l'évasion fiscale et les flux financiers illicites, autant de fléaux qui continuent de saigner les finances publiques des États africains.
La troisième édition de l'Académie francophone de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) se tient actuellement à Lomé, consacrée à la lutte contre la fraude fiscale et douanière, l'évasion fiscale et les flux financiers illicites, autant de fléaux qui continuent de saigner les finances publiques des États africains.
La rencontre rassemble des acteurs financiers et des experts de la fiscalité issus des administrations fiscales de plusieurs pays : le Togo, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo, la Côte d'Ivoire, Djibouti, Madagascar, le Mali, ainsi que la Belgique et la France.
Le blanchiment d'argent, une hydre aux mille visages
Au cœur des échanges figure la lutte contre le blanchiment, un phénomène dont les ramifications ne cessent de s'étendre et les techniques de se sophistiquer. Sociétés-écrans dissimulant l'identité des bénéficiaires réels, superposition savante de transactions transfrontalières destinée à brouiller les pistes, recours à des juridictions opaques, manipulation de factures commerciales, ou encore réinjection de fonds illicites dans des circuits économiques en apparence légaux : les réseaux criminels disposent aujourd'hui d'un arsenal de méthodes toujours plus difficile à démêler pour les administrations fiscales et douanières.
L'essor des cryptomonnaies est venu ajouter une strate supplémentaire de complexité à cette équation déjà redoutable. En offrant des canaux rapides, décentralisés et souvent difficiles à tracer, les actifs numériques sont devenus un outil de choix pour dissimuler l'origine de fonds illicites, échapper aux contrôles traditionnels et transférer des capitaux d'un continent à l'autre en quelques clics, un défi de taille pour des administrations encore en phase d'adaptation face à ces nouvelles réalités technologiques.
C'est précisément face à cette mutation permanente des méthodes criminelles que les participants planchent sur les nouvelles techniques d'enquête à déployer, ainsi que sur les mécanismes de coopération internationale indispensables pour suivre des flux financiers qui, par nature, ignorent les frontières.
Un enjeu vital pour la gouvernance économique des États
Pour les participants, l'ambition dépasse le seul cadre technique : il s'agit de renforcer une coopération régionale et internationale structurée face à des crimes fiscaux et financiers qui pénalisent lourdement les finances publiques et constituent une entrave majeure à la bonne gouvernance économique des États africains.
« Ces échanges visent à faciliter le partage d'expériences et de connaissances pratiques sur les techniques de détection, de poursuite et d'enquête sur les crimes fiscaux et financiers. Ces discussions permettront aux cadres de l'OTR d'être mieux outillés sur les techniques qui devraient leur permettre de détecter ces différentes fraudes, qui constituent des pertes de recettes énormes pour l'État », explique Kwame Obossou, directeur de l'Institut de formation fiscale et douanière de l'OTR (IFFD-OTR).
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