Environnement

COP28 : tensions entre les négociateurs

Le ministre saoudien de l'Energie a qualifié lundi de « menue monnaie » les contributions des pays développés au fonds de compensation des pertes et dommages climatiques, en mettant en avant les financements promis par l'Arabie saoudite à l'Afrique.

Le prince Abdelaziz ben Salmane, ministre saoudien de l’Énergie © DR

Le ministre saoudien de l'Energie a qualifié lundi de « menue monnaie » les contributions des pays développés au fonds de compensation des pertes et dommages climatiques, en mettant en avant les financements promis par l'Arabie saoudite à l'Afrique.

Le premier exportateur de brut au monde, qui n'a pas rejoint cette nouvelle initiative de l'ONU, va consacrer 50 milliards de dollars pour aider les pays africains à s'adapter au changement climatique, a affirmé le prince Abdelaziz ben Salmane.

Première avancée majeure de la conférence mondiale sur le climat (COP28) à Dubaï, le fonds destiné à compenser les pertes et dommages dans les pays vulnérables a recueilli des promesses de dons d'environ 655 millions de dollars, notamment de l'Union européenne et des États-Unis, un montant largement insuffisant, selon les défenseurs de l'environnement.

« Contrairement à la menue monnaie offerte pour les pertes et dommages par nos partenaires des pays développés, le royaume, dans le cadre de sa coopération sud-sud, a annoncé lors du sommet saoudo-africain à Ryad le mois dernier l'allocation de jusqu'à 50 milliards de dollars », a déclaré le prince saoudien dans un message vidéo, lors d'un forum organisé par son pays en marge de la COP28.

« Cela permettra de construire des infrastructures résistantes et de renforcer la résilience et l'adaptation climatiques sur le continent africain. », a-t-il ajouté sans préciser la nature de ces financements.

Les fonds privés sont souvent critiqués par les militants pour leur manque de transparence, ces engagements n'étant pas contraignants et incluant des prêts et des investissements.

Les propos du responsable saoudien témoignent des tensions entre les négociateurs de plus de 200 pays réunis à Dubaï, aux Emirats arabes unis, pour tenter d'arracher un accord mondial sur le climat.

La bataille sur les objectifs de « réduction », voire de « sortie », des énergies fossiles responsables du réchauffement de la planète s'annonce comme l'une des plus rudes.

L'Arabie saoudite a développé ses sources d'énergie, investi dans les énergies renouvelables et amélioré l'efficacité énergétique pour décarboner son économie d'ici 2030, a affirmé le prince Abdelaziz.

Les objectifs du royaume ne prennent toutefois pas en compte les émissions produites par le pétrole qu'il exporte, et qui représente l'essentiel de son empreinte carbone.

« Vous ne pouvez pas aller dans des pays sous-développés ou en développement et leur demander de prendre les mêmes mesures de transition (énergétique) », a dit à son tour Yasir Al-Rumayyan, le président du géant pétrolier Aramco.

Le patron de la compagnie publique saoudienne a affirmé avoir entendu un ministre africain lui dire que pour soutenir la croissance, il fallait « d'abord carboner puis décarboner ».

Un rapport, publié à la veille de la COP28 par la chaîne de télévision britannique Channel 4 et le Center for Climate Reporting, a accusé Ryad de chercher à « stimuler artificiellement la demande de pétrole » à travers ses investissements en Afrique et en Asie.

Les autorités saoudiennes n'ont pas réagi à ses accusations. 

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