L'Union européenne accompagne le Togo dans son processus de ratification du traité relatif à la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ).
L'Union européenne accompagne le Togo dans son processus de ratification du traité relatif à la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ).
Grâce au West Africa Sustainable Ocean Programme (WASOP), financé par l'UE, le pays bénéficie de l'expertise technique nécessaire pour mener à bien cette démarche.
Jean Auguste Barthelemy Batieno, coordonnateur régional de WASOP, revient sur les enjeux de ce traité pour le Togo, État côtier résolument engagé dans le développement de son économie bleue.
« Cette zone qui est au-delà des juridictions nationales appartient à tout le monde », rappelle Jean Auguste Barthelemy Batieno à propos du traité BBNJ, entré en vigueur en janvier 2026.
Longtemps considérée comme une zone de non-droit où les activités échappaient à toute régulation, la haute mer se trouve désormais encadrée par un texte que la communauté internationale a jugé indispensable pour protéger sa biodiversité, une richesse dont dépendent directement les communautés côtières.
Au 14 août 2026, 90 pays avaient déjà ratifié le traité, parmi lesquels plusieurs voisins africains du Togo, comme le Sénégal, la Mauritanie et la Sierra Leone.
Le Parlement togolais a achevé mardi le processus en adoptant définitivement le projet de loi autorisant la ratification. Il ne reste plus qu'une formalité : la promulgation par le président du Conseil, Faure Gnassingbé.
Des retombées concrètes attendues pour l'économie bleue
Pour le coordonnateur de WASOP, cette ratification ouvrira au Togo, en tant que pays côtier, l'accès à des opportunités de recherche scientifique et aux ressources génétiques marines, un vaste chantier pour l'économie bleue.
Elle devrait notamment permettre de renforcer les capacités des acteurs nationaux, à commencer par les centres de recherche océanographique, tout en facilitant l'accès à l'information via le centre d'échange prévu par le traité, ainsi qu'aux mécanismes internationaux de financement de projets.
Le West Africa Sustainable Ocean Programme est un programme quinquennal (2024-2029), financé par l'Union européenne à hauteur de 59 millions d'euros dans le cadre de sa stratégie Global Gateway. Officiellement lancé en novembre 2025 au Cap-Vert, il couvre treize pays côtiers d'Afrique de l'Ouest, dont le Togo, le Bénin, le Ghana, le Sénégal et la Côte d'Ivoire.
Le programme repose sur trois piliers complémentaires : le renforcement de la gouvernance océanique et la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, mis en œuvre par la FAO, l'Agence européenne de contrôle des pêches (EFCA) et les commissions sous-régionales SRFC et FCWC ; le développement d'une économie bleue durable et inclusive, porté par Expertise France ; ainsi que la protection et la restauration des écosystèmes marins et côtiers, assurées par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Cette initiative répond à des enjeux régionaux considérables : plus de 55 % du PIB des pays de la Cédéao dépend d'activités liées à l'océan, tandis que près de 40 % des stocks halieutiques sont déjà surexploités ou épuisés.
L'érosion côtière, qui touche particulièrement le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Togo, progresse en moyenne de 1,8 mètre par an, avec un coût économique estimé jusqu'à 3,8 milliards de dollars par an pour l'ensemble de la région.
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