Il y a quelque chose de symbolique dans le choix de Nairobi. Pour la première fois de son histoire, la France organise son grand sommet africain dans un pays anglophone, un aveu implicite que l'Afrique francophone, terrain traditionnel de son influence, lui échappe de plus en plus.
Il y a quelque chose de symbolique dans le choix de Nairobi. Pour la première fois de son histoire, la France organise son grand sommet africain dans un pays anglophone, un aveu implicite que l'Afrique francophone, terrain traditionnel de son influence, lui échappe de plus en plus.
Plus de 30 dirigeants africains ont participé lundi à l'ouverture du sommet Africa Forward, aux côtés d'Emmanuel Macron et du président kényan William Ruto. Le cadre est moderne, le ton est positif, et les défis, considérables.
Côté affaires, la France affiche ses ambitions. Le groupe de transport maritime CMA CGM a annoncé un investissement de 700 millions d'euros pour moderniser le terminal du port de Mombasa.
Mais le Kenya lui-même a rappelé, sans le dire, les limites du partenariat : l'an dernier, Nairobi a annulé un contrat de 1,5 milliard de dollars confié à un consortium mené par le français Vinci pour l'expansion d'une autoroute, au profit d'entreprises chinoises.
Une France qui se réinvente - par nécessité
Macron a voulu incarner un nouveau discours. « L'Afrique et la France sont des partenaires égaux », a-t-il déclaré, appelant à construire ensemble une « autonomie stratégique » face aux géants américain et chinois. « Si nous la construisons ensemble, nous serons bien plus forts. »
Le message est séduisant. Mais il se heurte à une réalité tenace. Depuis 2020, les coups d'État au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont chassé les troupes françaises et ouvert la porte aux mercenaires russes. Le Sénégal a récupéré la dernière grande base militaire française sur son sol. Et l'anti-français reste un sentiment politique rentable dans plusieurs capitales ouest-africaines.
Face à ces reculs, la France pivote vers l'Afrique anglophone et émergente. Nairobi, avec ses ambitions technologiques et son accès au marché panafricain de la ZLECAf, représente exactement le type de partenaire que Paris cherche désormais.
Le Kenya espère d'ailleurs que les conclusions du sommet alimenteront l'agenda du G7 d'Évian-les-Bains en juin, où Ruto participera à l'invitation de Macron.
Un sommet de la relance, ou un sommet du dernier sursaut ? La réponse viendra des actes, pas des discours.
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