À l'approche du 36ᵉ anniversaire du soulèvement du 5 octobre 1990, considéré comme le point de départ du processus de démocratisation au Togo, l'opposition se livre à un exercice d'autocritique.
À l'approche du 36ᵉ anniversaire du soulèvement du 5 octobre 1990, considéré comme le point de départ du processus de démocratisation au Togo, l'opposition se livre à un exercice d'autocritique.
Ce jour-là, le Palais de justice de Lomé devait rendre son verdict dans le procès de deux jeunes militants de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), Logo Dossouvi et Doglo Agbélenko, accusés d'avoir distribué des tracts hostiles au régime du parti unique RPT.
La colère populaire, longtemps contenue, explosa alors spontanément : partie du Palais de justice, la contestation s'étendit comme une traînée de poudre à plusieurs quartiers de Lomé, avant de gagner l'ensemble du territoire, de la capitale jusqu'à Dapaong.
Ce soulèvement, le premier du genre contre le régime du général Gnassingbé Eyadéma au pouvoir depuis 1967, ouvrit la voie à la Conférence nationale souveraine de 1991 et à l'instauration du multipartisme.
Trente-six ans plus tard, l'un des acteurs influents de l'opposition, Jean Kissi, estime que les difficultés à parvenir à l'alternance tiennent notamment à des problèmes de leadership.
Depuis 1990, plusieurs figures se sont succédé à la tête de la contestation : Yawovi Agboyibo et le Comité d'action pour le renouveau (CAR) entre 1990 et 1996, puis Gilchrist Olympio et l'Union des forces de changement (UFC). Après l'accord de 2010 entre Gilchrist Olympio et le pouvoir, Jean-Pierre Fabre et l'Alliance nationale pour le changement (ANC) ont pris le relais, avant Tikpi Atchadam et le Parti national panafricain (PNP) en 2017, puis la candidature d'Agbéyomé Kodjo, soutenue par Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, à partir de 2019.
Pour Jean Kissi, cette succession de figures traduit une même pratique, qu'il qualifie de « descendre-monter » : chercher à écarter celui qui occupe le devant de la scène pour prendre sa place. L'ancien responsable politique appelle désormais à rompre avec cette logique, plaidant pour que l'opposition ne mise plus sur l'émergence d'un « homme providentiel », mais davantage sur la mobilisation et la responsabilité citoyennes.
« Il ne faut plus se ranger derrière un homme et le déifier », a-t-il insisté, appelant les citoyens à prendre leur destin en main et à se placer eux-mêmes au cœur de la lutte politique.
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