Région & Afrique

Chaos au Mali

Le nord du Mali de nouveau pris dans la spirale de la violence: des hommes armés ont tué au moins 20 civils près de la ville de Gao et un Casque bleu est mort dimanche à Kidal.

La crise politique va de pair avec une grave crise sécuritaire © republicoftogo.com

Le nord du Mali de nouveau pris dans la spirale de la violence: des hommes armés ont tué au moins 20 civils près de la ville de Gao et un Casque bleu est mort dimanche à Kidal, dans le nord de ce pays sahélien où la situation sécuritaire se détériore.

Aucune autre source n'a confirmé que les jihadistes étaient les auteurs des attaques. Mais dans cette immense région sahélienne, les attaques des jihadistes affiliés au groupe État islamique au grand Sahara (EIGS) sont de plus en plus fréquentes et leur champ d'action s'élargit.

Les maigres informations remontant de cette zone reculée et difficilement accessible font état de centaines de civils tués et de milliers de déplacés ces derniers mois dans les régions de Ménaka, près de la frontière avec le Niger, et de Gao plus à l'ouest.

Mercredi, le mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA), un des groupes luttant contre les jihadistes, a assuré que 22 personnes avaient été tuées par "des hommes armés" dans la localité d'Izingaz, dans la région de Ménaka. Aucune autre source n'a confirmé ou infirmé l'information.

Cette région est le théâtre de violences depuis le début du conflit en 2012, quand des groupes armés rebelles s'étaient levés contre Bamako. Ils ont signé en 2015 un accord de paix avec le Mali, qui peine toujours à être appliqué. Outre ces groupes armés, des mouvements jihadistes - affiliés à el-Qaëda et à l'organisation État islamique - opèrent dans la zone, combattant contre les symboles de l'État, ceux qu'ils accusent de le soutenir, ainsi qu'entre eux pour le contrôle des territoires.

Des trafiquants et autres bandits sont également présents dans cette région désertique où l'État est presque inexistant. La situation sécuritaire s'est récemment "fortement détériorée" dans la région de Gao, et de Ménaka, a indiqué dans son dernier rapport le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. La "menace terroriste continue de (s'y) étendre", a-t-il déploré en s'inquiétant de "l'absence d'une présence soutenue des forces de sécurité et de l'administration publique dans ces zones".

Sont basés à Gao des militaires maliens, des Casques bleus de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma, 13.000 soldats) ainsi que des soldats français de l'opération Barkhane.

Ces derniers, qui ont entamé un retrait progressif du Mali au début de l'année, doivent définitivement quitter la base de Gao, dernière enclave où ils sont encore présents au Mali, "à la fin de l'été", selon l'état-major français.

Dimanche dans la matinée, un Casque bleu guinéen a été tué dans l'explosion d'une mine à Kidal, plus au nord, alors qu'il participait à une patrouille de sécurité dans une opération de recherche et de détection de mines, selon la Minusma.

Ce nouveau décès intervient dans un contexte tendu de négociations sur le renouvellement du mandat de la Minusma, la mission de maintien de la paix de l'ONU ayant subi le plus de pertes humaines.

Depuis sa création en 2013, 175 de ses Casques bleus sont morts dans des actes hostiles, dont de nombreux Togolais.

Le Mali, pays pauvre et enclavé au coeur du Sahel, a été le théâtre de deux coups d'État militaires en août 2020 et en mai 2021.

La crise politique va de pair avec une grave crise sécuritaire en cours depuis 2012 et le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

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