Il y a l'incident, et il y a sa version « réseaux sociaux ». Entre les deux, parfois, c'est le grand écart. Kanka-Malik Natchaba, directeur général de la Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT), a dû monter au créneau jeudi pour remettre les pendules à l'heure.
Il y a l'incident, et il y a sa version « réseaux sociaux ». Entre les deux, parfois, c'est le grand écart. Kanka-Malik Natchaba, directeur général de la Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT), a dû monter au créneau jeudi pour remettre les pendules à l'heure, après qu'un simple débordement de siphon s'est transformé, en quelques heures de publications enflammées, en véritable scène catastrophe digne d'un film à gros budget.
Selon les récits qui circulent sur les réseaux, un tuyau de canalisation des toilettes aurait littéralement explosé au niveau du hall départ, aspergeant des passagers de déchets, tandis que pompiers et « corps habillés » auraient été mobilisés en urgence pour sauver la situation. De quoi faire frémir n'importe quel voyageur s'apprêtant à embarquer.
« Nous sommes ici face au manuel du parfait affabulateur qui, sur la base d'un événement opérationnel, invente beaucoup de choses pour salir », a tranché M. Natchaba, visiblement peu amusé par cette créativité débordante. La réalité, nettement moins spectaculaire : un siphon a débordé, probablement en raison d'une canalisation bouchée en amont, un classique du genre, loin de l'explosion façon scène de catastrophe annoncée en ligne.
Mieux encore : l'incident n'a même pas eu lieu au hall départ, situé à l'étage, comme le suggèrent des images générées par IA, mais au niveau du hall d'embarquement. Un détail qui change tout, sauf pour ceux qui préfèrent le sensationnel à la géographie précise des lieux.
Aucun soldat du feu n'est intervenu à l'intérieur de l'aérogare, précise la SALT. Pour traiter l'incident rapidement, deux aspirateurs et des agents de nettoyage ont suffi. Les pompiers, eux, ne sont entrés en scène qu'après coup, pour un simple coup de jet d'eau puissant destiné à parfaire le nettoyage — une opération de finition, et non de sauvetage.
« Personne n'a été éclaboussé. Le sol a été sali par les rejets. Le nettoyage a été fait. Le lieu a été balisé pour éviter que les passagers y passent », résume sobrement le directeur général, qui en a profité pour saluer l'engagement des équipes de nettoyage, bien plus héroïques dans cette affaire que les récits en ligne ne l'auront jamais été.
Un siphon bouché, quelques seaux d'eau sale, et voilà comment naît une légende urbaine aéroportuaire, portée à bout de bras par quelques publications bien inspirées et une IA généreuse en images.
La prochaine fois qu'un tuyau fait des siennes à Lomé, on retiendra peut-être la leçon : avant de crier à la catastrophe, mieux vaut vérifier si c'est vraiment le hall départ, ou simplement... le bon vieux problème de plomberie que tout aéroport du monde connaît un jour ou l'autre.
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