Société

Le carburant d'aviation durable, un pari encore marginal

Le SAF (Sustainable Aviation Fuel) est un carburant d'aviation alternatif, conçu pour remplacer en partie le kérosène d'origine fossile sans modifier les avions ni les infrastructures aéroportuaires. Les autorités aéroportuaires togolaises envisagent de proposer cette option aux compagnies aériennes.

Un carburant très cher © republicoftogo.com

Le SAF (Sustainable Aviation Fuel) est un carburant d'aviation alternatif, conçu pour remplacer en partie le kérosène d'origine fossile sans modifier les avions ni les infrastructures aéroportuaires. Les autorités aéroportuaires togolaises envisagent de proposer cette option aux compagnies aériennes.

Mais ce n’est pas pour tout de suite. 

On parle de « drop-in fuel » : il se mélange au kérosène classique et s'utilise dans les moteurs actuels. Il est produit à partir de matières premières renouvelables ou recyclées, comme les huiles de cuisson usagées, les graisses animales, les résidus agricoles et forestiers ou les déchets. 

Il peut aussi être fabriqué à partir d'hydrogène vert et de CO₂ capté (on parle alors d'e-SAF ou de carburant synthétique). Sur l'ensemble de son cycle de vie, il peut réduire les émissions de CO₂ jusqu'à 80 % par rapport au kérosène fossile, selon la filière utilisée.

La production mondiale devrait atteindre environ 2,4 millions de tonnes en 2026, selon l'IATA, soit seulement 0,8 % de la consommation de carburant des compagnies aériennes, pour un coût de 4,3 milliards de dollars. L'association parle d'« une autre année décevante ». Cinq ans après l'engagement du secteur à atteindre la neutralité carbone en 2050, les volumes restent très en deçà des besoins.

Le prix est le principal obstacle. Le SAF coûte aujourd'hui de deux à cinq fois plus cher que le kérosène conventionnel, et jusqu'à huit fois selon certaines estimations. Le choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient a pu réduire cet écart en renchérissant le pétrole, mais le SAF reste un produit de niche, pénalisé par des coûts de production élevés et un pipeline de projets encore fragile.

Pour des hubs en développement comme Lomé, dont l'aéroport et la compagnie Asky affichent de fortes ambitions, le SAF pose une double question : celle du coût pour les compagnies, et celle d'une production locale possible à partir de ressources agricoles et de déchets.

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