En cinq ans, le Togo a enregistré 2 254 incidents entre agriculteurs et éleveurs. Si la plupart se règlent sans heurts, 147 ont tourné à la violence entre 2021 et 2025, selon le ministère de l’Agriculture. Le gouvernement prépare une série de mesures pour apaiser les tensions.
En cinq ans, le Togo a enregistré 2 254 incidents entre agriculteurs et éleveurs. Si la plupart se règlent sans heurts, 147 ont tourné à la violence entre 2021 et 2025, selon le ministère de l’Agriculture. Le gouvernement prépare une série de mesures pour apaiser les tensions.
Le scénario est presque toujours le même : un troupeau traverse un champ et détruit les récoltes. Les dégâts aux cultures sont à l’origine de 86 % des différends recensés.
Viennent ensuite les conflits liés à l’accès aux pistes de transhumance, aux zones de pâturage et aux points d’eau, puis ceux qui touchent à l’exploitation des ressources dans les aires protégées.
Chaque année, à la saison sèche, des milliers de têtes de bétail venues des pays sahéliens traversent le Togo à la recherche de pâturages et d’eau, s’ajoutant aux troupeaux locaux. La pression sur les terres agricoles s’en trouve accrue.
Des chiffres probablement sous-estimés
Dans la grande majorité des cas, 2 107 sur 2 254, les litiges sont réglés à l’amiable, souvent par les chefs traditionnels ou les comités locaux. Les affaires plus graves sont confiées à la gendarmerie, à la police judiciaire ou à la justice.
Le ministère admet cependant que de nombreux arrangements conclus au village ne remontent jamais jusqu’au système national de suivi. Le nombre réel d’incidents est donc vraisemblablement plus élevé.
Pour enrayer le phénomène, les autorités prévoient de durcir la réglementation, de renforcer les mécanismes de prévention et de médiation, et de moderniser les infrastructures pastorales, comme les couloirs de passage, les aires de repos et les points d’eau. Le suivi sanitaire du bétail et la sécurité dans les zones rurales doivent aussi être améliorés.
Les pouvoirs publics veulent surtout changer d’approche, en misant sur l’agropastoralisme intégré.
L’idée est simple : plutôt que de se disputer l’espace, agriculteurs et éleveurs ont intérêt à travailler ensemble. Les résidus de récolte peuvent servir de fourrage aux animaux, tandis que le fumier fertilise naturellement les sols. Des projets conçus et gérés à l’échelle locale doivent permettre de concrétiser cette complémentarité.
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