L'ambassadeur du Japon, Junji Gomakudo, a tenu à clarifier mardi la portée de l'aide alimentaire en riz apportée au pays, souvent perçue comme se substituant à un véritable soutien à la production rizicole locale.
Pour le diplomate, cette lecture est biaisée : l'assistance japonaise ne se limite pas au riz visible, mais s'accompagne depuis des années d'un appui continu en engrais et en matériel agricole et de génie civil fabriqué au Japon. « L'aide directe, via le Kennedy Round, sert d'abord, bien sûr, à l'achat du riz, mais cela ne se limite pas simplement à un don. Cela contribue au développement du Togo par la vente de ce riz ».
Cette mise au point est intervenue à l'occasion de la signature d'un nouvel échange de notes relatif à l'aide alimentaire au Togo pour l'exercice 2026, conclu avec le ministre de l'Agriculture, Antoine Lékpa Gbégébni.
D'un montant de 200 millions de yens, soit environ 800 millions de Fcfa, cet accord de don s'inscrit justement dans le cadre du programme Kennedy Round et vise à améliorer la sécurité alimentaire et la situation nutritionnelle du pays grâce à l'achat de riz.
C’est l’occasion de revenir sur le Kennedy Round (KR). Il tire son nom des négociations commerciales internationales menées au sein du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) dans les années 1960, sous l'impulsion du président américain John F. Kennedy. Ces négociations visaient initialement à faciliter le commerce mondial et à réduire les barrières tarifaires sur les produits agricoles.
C'est dans ce cadre que le Japon a mis en place, à la fin des années 1960, un dispositif d'assistance alimentaire non remboursable destiné aux pays en développement confrontés à des pénuries alimentaires, notamment en riz et en blé. Chaque année, le gouvernement japonais octroie ainsi des dons alimentaires à plusieurs pays, dont le Togo, qui bénéficie de ce programme depuis 2008.
Le fonctionnement du programme repose sur un principe simple : le riz offert par le Japon n'est pas distribué gratuitement, mais vendu à prix subventionné sur le marché local.
Les recettes issues de cette vente sont ensuite versées dans un « fonds de contrepartie », réinvesti dans des projets de développement socio-économique au Togo, réhabilitation de pistes rurales, désenclavement de régions, ou encore mise en place des Zones d'aménagement agricole planifiées (ZAAP), destinées à intensifier la production rizicole locale.
Depuis 2008, le Japon a ainsi offert près de 22 milliards de Fcfa sous forme de riz ou de blé au Togo dans le cadre de ce programme, piloté par la JICA (Agence japonaise de coopération internationale).
Les dons se sont succédé au fil des années : 2 963 tonnes en 2020 (1,5 milliard FCFA), 2 275 tonnes en 2023, 3 638 tonnes en 2024 (1,2 milliard FCFA), 1 625 tonnes fin 2025, et désormais ce nouvel accord de 200 millions de yens (environ 800 millions FCFA) pour 2026.
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