Diplomatie

81 ans après sa création, l’ONU cherche un second souffle

À l’occasion de la Journée des Nations unies, célébrée samedi, la coordonnatrice résidente du Système des Nations unies (SNU) au Togo, Coumba Dieng Sow, a réaffirmé l’engagement de l’organisation à accompagner le pays.

L'ONU à l’épreuve des critiques © republicoftogo.com

À l’occasion de la Journée des Nations unies, célébrée samedi, la coordonnatrice résidente du Système des Nations unies (SNU) au Togo, Coumba Dieng Sow, a réaffirmé l’engagement de l’organisation à accompagner le pays.

Mais à l’échelle mondiale, l’institution traverse l’une des crises de légitimité les plus profondes de son histoire.

Cette journée commémore l’entrée en vigueur, le 24 octobre 1945, de la Charte des Nations unies, signée quelques mois plus tôt à San Francisco par 50 États, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les signataires s’engageaient à préserver les générations futures du fléau de la guerre, à promouvoir les droits humains, le développement et la coopération internationale.

« Aujourd’hui, 193 États membres s’appuient encore sur cette charte pour répondre aux défis de notre temps, du changement climatique aux conflits », a souligné Coumba Dieng Sow.

Sur le terrain de la paix, son mandat premier, l’ONU peine pourtant à convaincre. Le Conseil de sécurité, seul organe habilité à prendre des décisions contraignantes, est régulièrement bloqué par le droit de veto de ses cinq membres permanents. De l’Ukraine au Proche-Orient, les grandes crises de ces dernières années se sont réglées, ou enlisées, largement en dehors de son cadre.

Sa composition, héritée de 1945, est elle-même contestée. L’Afrique, qui représente une large part des dossiers inscrits à l’ordre du jour du Conseil, n’y dispose d’aucun siège permanent, une situation que l’Union africaine dénonce depuis des années.

L’organisation est aussi critiquée pour ses prises de position, jugées sélectives par plusieurs États. Israël et les États-Unis reprochent notamment au Conseil des droits de l’homme de consacrer à l’État hébreu un point permanent de son ordre du jour, un traitement réservé à aucun autre pays, et d’adopter contre lui un nombre de résolutions sans commune mesure avec d’autres situations.

À l’inverse, de nombreux pays du Sud dénoncent une institution dominée par les puissances occidentales, plus prompte à pointer certains régimes qu’à sanctionner les grandes puissances. Russie et Chine, de leur côté, accusent régulièrement l’ONU d’ingérence dans leurs affaires intérieures.

Une crise financière et politique

Ces critiques se traduisent désormais par des actes. Washington, premier contributeur, a réduit ses financements et s’est retiré de plusieurs agences et instances onusiennes, poussant l’organisation à engager un vaste plan de réformes et d’économies baptisé UN80.

Ses défenseurs rappellent toutefois que l’ONU reste irremplaçable dans de nombreux domaines : aide humanitaire, vaccination, aide alimentaire, opérations de maintien de la paix ou coordination face aux pandémies et au changement climatique. Pour des pays comme le Togo, ses agences demeurent des partenaires de premier plan en matière de santé, de sécurité alimentaire et de développement.

À l’heure où la course à la succession d’António Guterres entre dans sa dernière ligne droite, la question n’est peut-être plus de savoir si l’ONU doit être réformée, mais si elle en est encore capable.

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