Diplomatie

Entre Lomé et Moscou, une relation en pleine accélération

Au lendemain du troisième sommet Russie-Afrique, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a été reçu vendredi au Kremlin par Vladimir Poutine. Les deux dirigeants ont fait le point sur un partenariat en plein essor et ouvert de nouvelles pistes de coopération.

Au lendemain du troisième sommet Russie-Afrique, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a été reçu vendredi au Kremlin par Vladimir Poutine. Les deux dirigeants ont fait le point sur un partenariat en plein essor et ouvert de nouvelles pistes de coopération.

Le président russe a salué la participation de son hôte au sommet et l’attention portée par Lomé à la relation avec Moscou. Il a rappelé les progrès réalisés depuis leur précédente rencontre en novembre 2025 : entrée en vigueur en septembre d’un accord sur les fondements des relations bilatérales, réouverture de l’ambassade de Russie à Lomé en août et préparatifs pour l’ouverture d’une ambassade du Togo à Moscou.

Selon Vladimir Poutine, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 852 millions de dollars en 2025. Énergie, transports et logistique, prospection géologique et agriculture figurent parmi les priorités. Le chef du Kremlin a aussi souligné l’intérêt croissant des étudiants togolais pour les universités russes et remercié le Togo pour son soutien aux initiatives russes aux Nations unies.

« Quand nous nous sommes rencontrés en novembre dernier, nous avons engagé des processus. Et très rapidement, les choses se sont matérialisées », s’est félicité Faure Gnassingbé, rappelant que sept mémorandums d’entente ont été signés depuis, dont un sur le nucléaire civil avec Rosatom.

L’offensive africaine de Moscou

Cette rencontre illustre la stratégie de reconquête menée par la Russie en Afrique. Isolé par les sanctions occidentales depuis l’invasion de l’Ukraine, Moscou cherche sur le continent des partenaires économiques et des soutiens diplomatiques, alors que les 54 pays africains forment le premier groupe de vote aux Nations unies.

Les leviers sont multiples : réouverture d’ambassades fermées depuis la fin de l’Union soviétique, livraisons de céréales et d’engrais, projets nucléaires de Rosatom, bourses universitaires, sommets réguliers depuis 2019 et réseaux d’influence médiatique. Sur le plan sécuritaire, l’Africa Corps, héritier du groupe Wagner, est devenu le principal partenaire des juntes sahéliennes.

Le Togo, lui, revendique une diplomatie ouverte à tous, sans renoncer à ses partenaires traditionnels.

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