Le Port autonome de Lomé (PAL) continue de jouer son rôle de poumon de l'économie nationale.
Le Port autonome de Lomé (PAL) continue de jouer son rôle de poumon de l'économie nationale.
Avec 90% des échanges commerciaux qui transitent par la mer et 75% des recettes fiscales tirées des activités du secteur maritime, la plateforme portuaire continue d’avoir un impact majeur.
Portée par des réformes structurelles, des infrastructures modernes et une digitalisation accrue de ses services, les autorités portuaires se félicitent des performances du PAL ces dernières années.
En novembre 2025, lors du 45e Conseil de l'AGPAOC, Lomé a été classé meilleur port en Afrique pour le trafic de transit, meilleur port pour la communication des statistiques, et deuxième meilleur port en trafic conteneur (EVP).
Les signaux positifs se sont manifestés dans les volumes traités. En 2024, le port a dédouané 30,6 millions de tonnes de marchandises, soit une hausse de 1,85% par rapport à 2023. Le transbordement a atteint 20,23 millions de tonnes, en progression de 7,11% par rapport à 2022.
Avec 1.525 navires enregistrés en 2024, comme en 2023, Lomé a gagné en visibilité et renforcé son leadership dans l'écosystème maritime africain.
Le PAL bénéficie d'avantages compétitifs majeurs qui expliquent son attractivité. En tant que port en eau profonde, il peut accueillir des navires de grande capacité, un atout technique déterminant dans le commerce maritime moderne.
Géographiquement, Lomé constitue la porte d'entrée naturelle vers les pays sahéliens enclavés : Burkina Faso, Mali et Niger. Cette position stratégique lui confère un rôle de corridor commercial incontournable pour le transit des marchandises vers l'hinterland africain.
Sur le plan concurrentiel, Lomé a pris une longueur d'avance sur ses voisins directs, le Ghana et le Bénin. Cette avance s'explique par des investissements massifs dans la modernisation des infrastructures, une gestion plus efficace des opérations portuaires et une politique commerciale agressive pour attirer les grands armateurs.
Dans le prolongement de la vision affichée par les autorités togolaises, d'importants investissements ont été consentis pour approfondir le chenal d'accès jusqu'à 18,6 mètres de profondeur. L'objectif est d'accueillir les plus gros navires de très grande capacité pouvant transporter jusqu'à 24.000 EVP.
Ces investissements devraient porter la capacité annuelle du port à 2,5 millions d'EVP à l'horizon 2027, renforçant davantage sa position de hub sous-régional dans le secteur maritime.
Toutefois, malgré ces performances, le Port de Lomé ne peut se reposer sur ses acquis. La concurrence devient de plus en plus vive dans le Golfe de Guinée. Le Ghana poursuit la modernisation de Tema, tandis que le Bénin développe le Port de Cotonou et lance de nouveaux projets portuaires. La Côte d'Ivoire avec Abidjan et le Nigeria avec Lagos constituent également des concurrents sérieux.
Cette intensification de la compétition régionale oblige Lomé à rester innovant, à améliorer constamment la qualité de ses services et à maintenir des tarifs compétitifs. Les armateurs internationaux n'hésitent pas à réorienter leurs flux vers les ports offrant le meilleur rapport qualité-prix-efficacité.
Le défi pour le PAL sera donc de maintenir son avance tout en continuant d'investir massivement dans les infrastructures et la formation du personnel. La bataille pour le leadership portuaire en Afrique de l'Ouest ne fait que commencer, et seuls les ports les plus performants et les mieux gérés survivront à cette compétition acharnée.
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