Environnement

500 hectares à restaurer : le pari agroforestier dans les Plateaux

La restauration des terres passe aussi par l'appropriation, par les producteurs eux-mêmes, des pratiques agroforestières. Dans les filières café et cacao, ces techniques sont de plus en plus encouragées pour améliorer durablement les rendements.

Un nouveau souffle pour les filières café-cacao des Plateaux © republicoftogo.com

La restauration des terres passe aussi par l'appropriation, par les producteurs eux-mêmes, des pratiques agroforestières. Dans les filières café et cacao, ces techniques sont de plus en plus encouragées pour améliorer durablement les rendements.

Dans la région des Plateaux, ils disposent désormais d'outils concrets pour gérer les arbres agroforestiers et adopter les bonnes pratiques sylvicoles.

Cette dynamique s'inscrit dans le projet AFR100 (African Forest Landscape Restoration Initiative), mis en œuvre par la FAO avec l'appui du gouvernement allemand, dans le cadre duquel 34 pays africains se sont engagés à restaurer au moins 100 millions d'hectares de terres dégradées d'ici 2030. 

Le Togo, pour sa part, s'est fixé l'objectif de restaurer 1,4 million d'hectares. Le programme cible en priorité la zone des Plateaux-Ouest - Kloto, Agou, Danyi, Kpélé, Amou - une région marquée par une forte pression démographique et une dégradation progressive des ressources naturelles, mais dotée d'un fort potentiel de restauration grâce à ses forêts semi-décidues et ses sols fertiles.

La régénération naturelle assistée, une technique éprouvée localement

Parmi les pratiques promues figurent la régénération naturelle assistée (RNA), l'identification des arbres naturellement régénérés dans les exploitations, ainsi que la reconnaissance des espèces agroforestières utiles. 

Cette méthode, qui consiste à préserver et favoriser la croissance des jeunes arbres poussant spontanément plutôt que de les éliminer lors de l'entretien des parcelles, n'est pas nouvelle au Togo : elle est notamment vulgarisée depuis les années 1990 par l'ONG APAF (Association pour la promotion des arbres fertilitaires, agroforestiers et forestiers), dont les techniques ont été massivement adoptées par les producteurs de café et de cacao du pays.

Sur trois ans, le projet vise la production de 100 000 plants pour restaurer 500 hectares dans différentes localités de la région des Plateaux. 

Cet objectif s'accompagne d'un dispositif d'accompagnement plus large : la FAO a notamment ouvert un appel à projets destiné aux organisations locales - coopératives, groupements de producteurs, associations de femmes et de jeunes, ou encore petites entreprises rurales - avec des subventions allant de 5 000 à 50 000 dollars pour financer des actions de plantation, d'agroforesterie ou de création de pépinières communautaires. Un premier appel avait déjà permis de sélectionner 34 éco-entreprises parmi 277 candidatures reçues.

La réussite de cette démarche repose avant tout sur l'appropriation durable de ces pratiques par les producteurs eux-mêmes.

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