Environnement

Sécheresse limitée mais pénalisante

Selon les services météorologiques, la sécheresse continue d’affecter plusieurs régions, même si l’indice de sécheresse recule nettement depuis son pic de 2022.

Inquiétude des agriculteurs © republicoftogo.com

Selon les services météorologiques, la sécheresse continue d’affecter plusieurs régions, même si l’indice de sécheresse recule nettement depuis son pic de 2022.

La région des Plateaux illustre cette évolution. L’indice est passé de 0,15 en 2019 à 1,2 en 2020, 1,65 en 2021, puis 2,78 en 2022. Il a ensuite baissé à 1,28 en 2023, 0,74 en 2024 et 0,42 en 2025.

La Kara et les Savanes suivent une trajectoire comparable.

La région Centrale a connu une hausse moins forte, avec un pic de 1,9 en 2021, avant de s’établir à 0,68 en 2025. Dans la Maritime, l’indice a grimpé de 0,6 en 2019 à 2,05 en 2022, puis est redescendu à 0,52 en 2025.

L’agriculture, encore largement pluviale, reste très sensible aux poches de sécheresse et au décalage des pluies. Même si l’indice de sécheresse recule depuis le pic de 2022, les effets sur les cultures et les revenus ruraux demeurent visibles.

Le maïs, le sorgho, le mil et le riz sont les plus exposés. Dans les régions de la Kara et des Savanes, les rendements sont souvent inférieurs à la moyenne. 

Des épisodes sévères ont déjà fait chuter les récoltes de céréales de 60 à 80 % dans certaines préfectures. 

Le coton a aussi souffert : en 2025, le retard ou l’arrêt précoce des pluies a limité les superficies semées. Au sud et dans les Plateaux, tomates et pastèques ont enregistré des pertes importantes, avec des champs desséchés après seulement quelques semaines sans pluie.

La production nationale de céréales a pourtant progressé pendant plusieurs années, avant un léger recul en 2024-2025 (environ 1,53 million de tonnes, contre 1,56 million l’année précédente). Ce tassement masque des écarts régionaux : les pertes restent localisées, mais elles pèsent lourdement sur les petits producteurs, déjà confrontés au manque d’irrigation, à la dégradation des sols et, dans le nord, à l’insécurité.

Les conséquences dépassent les champs. Moins de récoltes signifie moins de stocks, plus de dettes et une soudure plus difficile. 

En 2025, environ 625 000 personnes étaient en insécurité alimentaire aiguë pendant la période de soudure, une hausse liée notamment aux séquences sèches de 2024. L’élevage est aussi touché : pâturages réduits, points d’eau asséchés et mobilité du bétail contrainte.

Des mesures d’adaptation existent : semences plus précoces ou plus résistantes, kits d’irrigation, aménagement de bas-fonds, zones agricoles planifiées et agroforesterie. Elles restent toutefois insuffisantes face à une agriculture encore très dépendante de la pluie. Tant que les saisons resteront irrégulières, le recul de l’indice de sécheresse ne garantira pas, à lui seul, des récoltes stables.

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