Faits divers

Cybercriminalité : piégé au Cambodge, un Togolais témoigne

Il cherchait une opportunité. Il a trouvé un piège. Un jeune Togolais, recruté par des mafias asiatiques au Cambodge sous de fallacieuses promesses d'emploi, a vécu l'un des cauchemars les plus sombres que l'on puisse imaginer. De retour à Lomé, il témoigne. Et son récit glace le sang.

Une enquête détaillée © republicoftogo.com

Il cherchait une opportunité. Il a trouvé un piège. Un jeune Togolais, recruté par des mafias asiatiques au Cambodge sous de fallacieuses promesses d'emploi, a vécu l'un des cauchemars les plus sombres que l'on puisse imaginer. De retour à Lomé, il témoigne. Et son récit glace le sang.

C'est le quotidien français Libération qui a recueilli son témoignage, dans un dossier consacré à un phénomène en pleine expansion : les scam centers, ces usines à arnaques dissimulées derrière des façades d'entreprises légitimes, où des milliers de personnes, souvent recrutées par tromperie depuis l'Afrique, l'Asie du Sud-Est ou l'Europe de l’Est, sont réduites en esclavage numérique au service de réseaux criminels internationaux.

Attiré par la promesse d'un salaire confortable et d'un travail dans le secteur des nouvelles technologies, le jeune homme n'avait pas mesuré dans quoi il mettait les pieds. Une fois sur place, la réalité s'impose brutalement : confiscation des documents d'identité, liberté de mouvement supprimée, journées interminables passées à escroquer des victimes en ligne sous la contrainte.

Et pour ceux qui résistent ou ne remplissent pas leurs quotas, la punition est immédiate et barbare. Décharges électriques, violences physiques, humiliations répétées, les méthodes employées par ces organisations criminelles relèvent de la torture pure et simple.

Les scam centers, implantés principalement au Cambodge, en Birmanie et aux Philippines, génèrent chaque année des milliards de dollars de profits illicites. Leurs opérateurs ciblent délibérément des jeunes Africains, souvent diplômés, maîtrisant les langues étrangères et en quête d’opportunités,  des profils idéaux pour mener des opérations de fraude en ligne ciblant l'Europe et l'Amérique du Nord.

Le Togo, comme d'autres pays de la sous-région, n'est pas épargné par ces tentatives de recrutement qui transitent souvent par les réseaux sociaux et des intermédiaires bien implantés localement.

Rescapé, mais traumatisé

Après avoir réussi à s’échapper, le jeune homme est rentré à Lomé. Physiquement libre, mais psychologiquement meurtri. Les séquelles sont profondes : cauchemars, méfiance, difficulté à se reconstruire après des mois de captivité et de violences.

Son témoignage est un avertissement. Dans un monde où les offres d'emploi miracles circulent à la vitesse d'un clic, la vigilance n'est pas une option, c’est une nécessité.

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