Le Togo pourrait accueillir dans les prochains mois une Maison russe, selon L'Economiste. L'ouverture de ce centre culturel a été évoquée lors d'un forum organisé en Russie, auquel participait le ministre togolais de la Culture et du Tourisme, Isaac Tchiakpé.
Le Togo pourrait accueillir dans les prochains mois une Maison russe, selon L'Economiste. L'ouverture de ce centre culturel a été évoquée lors d'un forum organisé en Russie, auquel participait le ministre togolais de la Culture et du Tourisme, Isaac Tchiakpé.
Les Maisons russes - officiellement appelées Centres russes de science et de culture (CRSC) - sont des institutions culturelles financées et pilotées par l'agence gouvernementale russe Rossotrudnichestvo. Elles constituent l'équivalent russe des Instituts Confucius chinois et servent de vitrine à la langue, la culture et les valeurs russes à l'étranger.
On en dénombre aujourd'hui une soixantaine à travers le monde, implantées sur tous les continents. Leur mission officielle : promouvoir la langue russe, organiser des expositions, des concerts et des conférences, proposer des bourses d'études en Russie et développer des échanges éducatifs et scientifiques.
Mais au-delà de leur vocation culturelle, ces centres sont perçus par de nombreux observateurs comme des instruments de l'influence politique russe, une diplomatie douce au service des intérêts stratégiques de Moscou.
L'Afrique, nouveau terrain de conquête
Depuis quelques années, la Russie intensifie son offensive de charme sur le continent africain. Des Maisons russes ont déjà été inaugurées ou sont en projet dans plusieurs pays africains, notamment au Mali, au Burkina Faso, en République centrafricaine et à Madagascar, des pays où l'influence française recule et où Moscou cherche à combler le vide.
Cette stratégie s'accompagne d'une présence militaire accrue via le groupe Wagner, rebaptisé Africa Corps, et d'une communication intensive sur les réseaux sociaux, ciblant notamment les jeunes Africains.
L'ouverture d'une Maison russe à Lomé s'inscrirait dans cette dynamique continentale. Pour le Togo, dont la diplomatie multiplie les partenariats diversifiés, ce projet illustre une volonté d'équilibre entre les grandes puissances. Pour Moscou, c'est une nouvelle pièce dans l'échiquier africain.
L'Economiste N°856.pdf
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