Politique

117 communes, des budgets sous tension

Six ans après le lancement de la décentralisation, la gestion des finances communales reste un point faible. 

Finances locales : le maillon faible de la décentralisation © republicoftogo.com

Six ans après le lancement de la décentralisation, la gestion des finances communales reste un point faible. 

Plusieurs communes ont été épinglées pour des pratiques douteuses. Pour y remédier, l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT) a ouvert mardi à Sokodé une session de formation destinée aux élus et agents communaux de la région Centrale.

Gestion budgétaire, planification financière, mobilisation et utilisation des recettes, transparence dans l’usage des fonds publics : autant de sujets au programme.

La décentralisation reste une avancée majeure. En confiant aux 117 communes du pays la gestion de services de proximité, comme l’entretien des marchés, l’état civil, l’assainissement ou certaines infrastructures scolaires et sanitaires, elle rapproche les décisions des populations. Les habitants peuvent désormais interpeller directement leurs élus sur les problèmes de leur quotidien.

Depuis les premières élections municipales de 2019, les communes sont devenues des acteurs à part entière du développement local, capables de lancer leurs propres projets.

Des budgets difficiles à boucler

Mais sur le terrain, beaucoup peinent à joindre les deux bouts. La plupart des communes disposent de ressources propres limitées. Les taxes locales, sur les marchés, les commerces ou le foncier, sont mal recouvrées, et une grande partie de l’activité économique échappe à l’impôt.

Nombre d’entre elles dépendent donc largement des transferts de l’État, notamment à travers le Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT), et de l’appui des partenaires techniques et financiers. Les communes rurales, aux recettes encore plus modestes, sont les plus fragiles.

À ce manque de moyens s’ajoutent parfois une gestion approximative et un déficit de compétences, que les sessions de formation comme celle de Sokodé cherchent justement à combler.

Pour que la décentralisation tienne ses promesses, les communes devront à la fois mieux mobiliser leurs recettes et gagner la confiance des citoyens par une gestion rigoureuse et transparente. Car c’est à cette condition que les contribuables accepteront de payer leurs taxes locales, et que les projets attendus pourront voir le jour.

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