Région & Afrique

Rabat triomphe

La fin de la mission de l’ONU au Sahara occidental, après 35 ans de présence, marque un tournant dans l’un des plus anciens conflits du continent. Pour Rabat, c’est une victoire diplomatique majeure. Pour Alger et le Front Polisario, un sérieux revers.

Le roi du Maroc Mohammed VI © DR

La fin de la mission de l’ONU au Sahara occidental, après 35 ans de présence, marque un tournant dans l’un des plus anciens conflits du continent. Pour Rabat, c’est une victoire diplomatique majeure. Pour Alger et le Front Polisario, un sérieux revers.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a confirmé dimanche que la Minurso entrait dans sa « phase de liquidation » depuis le 1er novembre, faute de renouvellement de son mandat par le Conseil de sécurité.

Déployée après le cessez-le-feu de 1991, la mission devait surveiller la trêve et organiser un référendum d’autodétermination, qui n’a jamais eu lieu en raison de désaccords persistants sur la composition du corps électoral. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a d’ailleurs qualifié d’« anachronisme » la référence au référendum dans le nom de la mission.

Un soutien international croissant

Ce dénouement couronne des années de diplomatie marocaine. Les États-Unis ont reconnu la souveraineté du Maroc sur le territoire en 2020. L’Espagne, l’ancienne puissance coloniale, puis la France et le Royaume-Uni ont soutenu le plan d’autonomie, que le Conseil de sécurité a lui-même qualifié l’an dernier de solution « la plus réalisable ». Des dizaines de pays africains et arabes ont ouvert des consulats à Laâyoune et Dakhla.

Le Togo fait partie des pays qui soutiennent ce plan, qui accorde au territoire une large autonomie sous souveraineté marocaine. Pour Rabat et ses partenaires, il constitue la seule option réaliste pour sortir du conflit.

L’Algérie, principal soutien du Polisario, a exprimé ses « profonds regrets » et dénoncé le « parti pris excessif » de Washington. Son dernier rempart à l’ONU aura été le veto russe, suivi d’un projet de résolution concurrent qui n’a recueilli que trois voix.

Sur le terrain, le Maroc accompagne sa diplomatie d’investissements massifs : autoroute reliant Tiznit à Dakhla, énergies renouvelables, usines de dessalement et surtout le port de Dakhla Atlantique, appelé à devenir une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

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